Mercredi: Réflexion corps social Printemps#5

Date : 21.04

À partir du moment où on s’exprime, où on prend la parole, on est déjà dans la mise en scène, dans la représentation de soi. C’est pourquoi il est si important de choisir les bons mots, ceux les plus proches possibles de ce soi, de la pensée de ce soi qui malgré tout, restera si partiellement compréhensible par l’autre. D’où l’angoisse existentielle au sens philosophique qui en découle rendant le choix et l’utilisation de chaque mot lourd des responsabilités du sens que chacun porte en eux.

Lieu: Hôtel GbG

Ne pas être en adéquation avec les normes exprimées implicitement dans les lieux où l’on se rend est une sensation étrange. Être seul au restaurant, d’une sorte où des classes sociales plus élevées que la sienne s’y fraient, et où le standing en fait un endroit plutôt fait pour l’unité couple, on dérange nécessairement l’attente des autres participants au spectacle social que peut offrir la sortie au restaurant. Cela pose des questions au personnel. Quelle attitude adopter? Le danger est toujours grand de se tromper. Est ce que malgré l’apparence atypique du client/de la cliente, se cacherait un individu qu’il faut respecter, soit parce qu’elle aurait la situation économique adéquate, le pouvoir de critiquer l’endroit, de faire ou défaire votre réputation ? Et si c’est le cas, est ce que le personnel devrait en avoir quelque chose à faire?

Je crois que c’est déjà quelque chose qui se faisait à l’époque de l’entre deux guerres, des vrais « avant-gardes ». (Vienne 1900?) Transgresser l’ordre établi en se rendant dans des endroits non-admis. À ceci près qu’à l’époque, la norme sociale était peut-être plus visible, plus marquée. C’est drôle parce que les classes supérieures se sont toujours permises de se rendre dans les lieux considérés comme les plus dégradés socialement, bordels, bars de port, bistrot de la pègre. La littérature ne fait jamais ou presque état de l’inverse, d’un ouvrier se rendant dans un bar d’hôtel de luxe, par exemple. Peut-être là quelque chose à creuser. Qu’est ce qui est le plus transgressif finalement. Se rendre dans un lieu auquel tacitement, économiquement on n’appartient pas ? Où dans ceux où dans tous les cas, de part son origine sociale, on aura l’avantage, quelque soit l’histoire que l’on raconte. J’écris ça et à l’instant, sont rentrés dans le bar/restaurant  4 garçons qui de part leur manière de bouger, de se parler entre eux viennent clairement d’enfreindre la règle tacite d’acceptation dans un endroit dont la règle sociale s’inscrit sur la carte et la devanture. Et le temps d’écrire ces lignes et ils sont effectivement partis. Pas facile de tenir la pression. Mais je devrais faire ça plus souvent! C’est drôle à observer, ces jeux de comportements, cette comédie (ou drame ?) Entre les uns qui agissent comme si l’endroit leur appartenait (et c’est peut-être le cas) et les autres qui font semblant de se sentir à l’aise dans un endroit qui malgré tout les intimident -dont je fais certainement parti- le ballet continue à être divertissant, à mesure que le verre se vide…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *