Ville#Nuit#1

C’est beau une ville la nuit

Ces lumières flottantes

qui percent à jour le corps des pervertis

Vois ce corps à corps

ces valses d’images et de profits

qui s’apaisent

enfin

sur les visages ébahis

Lorsque les bruits ne sont plus

Musiques

et que l’on ne peut plus

Sourire

C’est l’heure d’aller dormir.

Veillerie#3

22/02/16

Ceci n’est pas un exercice

la maison brûle à tous les étages

l’odeur de mort n’est plus à laver

Normal

Ce sont nos vieux qu’on laisse crever

nos bibliothèques qui s’essouflent

pace-makers mal reglés

les savoirs de mondes bientôt oubliés

Ceux qui auraient pu nous apprendre

ce que c’était de vivre

ce que c’était d’aimer

 

Ceci n’est pas un exercice

la maison brûle à tous les étages

il n’y a plus personne pour venir l’éteindre

Normal

Ce sont nos jeunes qu’on laisse pourrir

la forêt malingre

qui n’a plus de racines

d’autres que le RJ45

et l’émetteur GPS

des smartphones omnibranchés

Ceux avec qui ont auraient pu échanger

ce que ce sera de vivre

ce que ce sera d’aimer

 

Ceci n’est pas un exercice

La maison n’a plus de fondations

on ne sait plus vraiment si on sait

ce que c’est de vivre

ce que c’est d’aimer

 

 

 

Nuit Debout#1

Poème écrit au début du mouvement, en marchant vers la place Guichard

Place

Je marche vers la place

où les avenirs se dessinent

se débattent se décident

jusqu’au bout des nuits avides

Je marche vers les places

où grouillent les idées

les cœurs et les colères

qui se font itinéraires

Nous marchons vers les places

où les gens partout ont

la douceur au fond des yeux

la fureur au bord des lèvres

Nous marchons vers la place

et nous y retrouvons

demain encore plus forts

des rêves que nous avons

Vous marcherez vers les places

où enfin seront compris

ce que disent les 3 mots

aux porte de nos mairies

Vous marcherez

Vous brûlerez

Et enfin reprendrez

les biens qui sont à tous

depuis que nous sommes né.e.s